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Témoignages
9 Janvier 2007 Martin Laroche, comédien, finissant 1992 « Ça a été un véritable privilège que de pouvoir étudier ici au Petit Séminaire. Et pour nous les Laroche, c’est une véritable histoire de famille: mon père Jean y a fait son cours classique, mes frères, François et Michel, m’y ont précédé et ma sœur Marie-Hélène y a fait ses études collégiales ».

Le 15 octobre 2006, l'Amicale du Petit Séminaire remettait ses prix de reconnaissance annuels. L’année 2006 marquait le 15e anniversaire de la remise du Prix de reconnaissance et pour souligner l'événement, l'association a remis 2 prix dans chacune des catégories
Dans la catégorie 40 ans et moins, un prix a été remis à M. Martin Laroche (Pr 1992), comédien. Ce prix marque le début prolifique de sa carrière et la variété de ses rôles tant au théâtre, à la télévision qu’au cinéma.
Voici le témoignage qu'a livré M. Laroche lors de la remise de prix.
Il me fait vraiment chaud au cœur aujourd’hui de revenir au sein même de mon Alma Mater. Qui plus est, c’est un réel honneur que de recevoir un prix de reconnaissance de l’institution où, en 7 ans de fréquentation, je suis devenu un jeune adulte éveillé, dégourdi et muni de toutes les clés nécessaires à la réussite professionnelle et sociale. Parce que si je suis rendu où je suis aujourd’hui c’est en grande partie à cause de l’enseignement de haute qualité qu’a toujours offert le Petit Séminaire de Québec. De par leurs exigences, leur encadrement et leur dévouement, nos professeurs ont su nous insuffler le désir de nous surpasser, de ne jamais nous contenter du moindre effort et d’aspirer en tout temps aux plus hauts standards.
Ça a été un véritable privilège que de pouvoir étudier ici au Petit Séminaire. Et pour nous les Laroche, c’est une véritable histoire de famille: mon père Jean y a fait son cours classique, mes frères, François et Michel, m’y ont précédé et ma sœur Marie-Hélène y a fait ses études collégiales. Un privilège parce que nos parents nous disaient, plus jeunes, que le seul héritage qu’ils pourraient un jour nous léguer serait notre éducation, qui passait entre autres par l’enseignement privé: le pensionnat St-Louis-de-Gonzague d’abord et le Petit Séminaire ensuite.
Un privilège qui s’explique également par la qualité de l’équipe professorale et ce, tant au secondaire qu’au collégial. Des professeurs engagés, dévoués envers leurs étudiants et investis d’une réelle vocation. Nombreux sont les professeurs qui m’ont inspiré durant mon passage. Je pense particulièrement à messieurs Roger Drouin et Gilles Bureau, Donald Coons, Guy Le François, Réjean Denis, les abbés Louis Sirois et Marcel Hébert, mesdames Josée Lefebvre et Esther Boyer. Je pense également à Madame Monique Delaulne-Ségal qui fut pour moi un véritable maître. Elle nous offrait au Bac International un cours de français où s’entremêlaient histoire de l’art et mythologie et ce, pour notre plus grande délectation. Je pense à l’énigmatique et très érudit Albert Dallard, à l’énergique, à l’explosif Julien Mardomingo, amateur tout comme moi de Nutella. Tous ces gens avaient le même but: faire de nous non pas des têtes bien remplies mais des têtes bien faites. Ils nous ont appris à apprendre tout en nous donnant le goût d’apprendre.
Un privilège aussi que de pouvoir étudier dans un cadre aussi enchanteur et pittoresque qu’est le Vieux Québec, avec ses vieilles artères, ses façades à l’européenne, ses vestiges d’une autre époque et ses commerces alléchants. En effet, quoi de mieux que de sortir le midi pour aller chez Bardou s’acheter un délicieux sous-marin au roast-beef qu’on allait par la suite déguster aux pieds des canons du Parc Montmorency ou encore sur la terrasse Dufferin. Déambuler rue Buade et croiser les ravissantes et pétillantes étudiantes des Ursulines dans leur très joli costume. Ah!... descendre l’escalier casse-cou et fuguer vers la Place Royale... Aller flâner chez Garneau ou à la Librairie Générale Française après les cours.
Bref un quartier unique en Amérique où le Séminaire, chef d’œuvre d’architecture du début de la colonie, trône fièrement, flanqué de la grandiose Basilique de Québec. Ce Séminaire qui recèle pour vous et moi tant de bons souvenirs. On se souviendra des parties de base-ball dans la cour intérieure où plus d’un carreau a volé en éclat - mais par chance, le cadran solaire y est resté intact. Une horloge pas très précise par contre: je suis souvent arrivé en retard à cause d’elle... Je me souviendrai à tout jamais du grenier aux grosses poutres de bois, dans la vieille partie, tout juste devant la célèbre grille d’entrée, où nous avions nos cours d’arts plastiques. Je me souviendrai de la magnifique lanterne à qui on a redonné la lumière - et où je suis un des rares chanceux à avoir pu gravir ses minuscules marches pour découvrir une vue magnifique de la terrasse des Gouverneurs, du Château Frontenac et du Vieux-Québec en entier; je me souviendrai du charme d’antan de nos salles de classe avec leur podium et leurs séries de cases en bois le long des murs. Je me souviendrai aussi du gigantesque arbre de Noël qu’on installait à chaque année au pied de l’immense escalier en colimaçon de la résidence des prêtres; je me souviendrai de l’ancien gymnase miné de grosses colonnes, de la piscine un peu froide et de la minuscule palestre où on se pétait la fiole - sur les colonnes - en faisant de l’escrime; mais surtout je me souviendrai de cette fabuleuse salle des Promotions, cet endroit unique et si particulier, avec son plancher de bois, ses sièges et son grand rideau rouges, ses frises et son plafond ornementés, où régnait cette odeur de mystère, ce je-ne-sais-quoi qui m’a donné, très jeune, le goût et l’envie de devenir comédien.
En fait, tout a commencé alors que je n’étais pas encore étudiant au Séminaire. Je devais avoir 8 ou 9 ans quand, un soir, ma mère m’annonce que l’on sort voir mon frère François au théâtre. Il jouait dans une pièce du festival d’art dramatique du PSQ, le FAD. Je n’avais à ce moment aucune idée de ce qui m’attendait. Ce fut le choc, l’émerveillement total que de découvrir cet endroit à l’ambiance aussi envoûtante. La scène baignait dans un éclairage qui la rendait intemporelle, magique. L’action se déroulait, fascinante. Le public, dans la pénombre, était suspendu aux lèvres des acteurs. J’avais la piqûre! À partir de ce moment précis, j’ai eu hâte d’arriver au Séminaire pour suivre les traces de mon frère et de monter, moi aussi, sur les planches.
J’ai cependant dû attendre ma troisième année du secondaire pour enfin pouvoir réaliser mon rêve. Alain Gagné était notre metteur en scène. Début d’une longue histoire. Puis en cinquième secondaire, cette volonté de faire du théâtre qui s’affirmait de plus en plus m’a poussé, dans un élan de joie, à confier à mes parents le désir de devenir comédien. La réponse fut cinglante: «Ben voyons, y’as-tu pensé? Tu vas crever de faim!» Ça a été suffisant pour refroidir mes ardeurs. Temporairement. Dans un milieu où les appelés sont nombreux mais où les élus sont rares, ils avaient un peu raison de s’inquiéter. Mais après une année passée en science politique à l’Université Laval, mes anciennes amours reprenaient le dessus et me conduisaient, en 1995, au Collège Lionel-Groulx de Ste-Thérèse pour 4 ans d’études en interprétation théâtrale. Choix que je n’ai jamais regretté par la suite.
Anecdote intéressante, je relisais la semaine dernière mon album de finissants et je suis tombé sur le mot que m’avait alors écrit Alain Gagné: «Devrais-je dire que je suis fier de t’avoir «initié» au théâtre? Quelle prétention j’aurais! Car le talent, tu l’avais déjà! Ce que tu as reçu gratuitement, donne-le gratuitement. Bonne chance dans tout.» Je ne savais pas encore, au moment où il écrivait ces lignes, que je ferais un jour ce métier. Mais le message de monsieur Gagné a fait germer en moi dès ce moment le plus capital des attributs que l’on puisse posséder dans la vie: la confiance.
Autre anecdote: en deuxième secondaire, Nelson Dubé, notre professeur d’histoire, me répétait souvent que j’étais assis au même endroit qu’Yves Jacques, quand il suivait son cours. Comme quoi ma destinée suit la sienne: après avoir partagé le même bureau, nous avons suivi un chemin de carrière identique et voilà que j’obtiens, 15 ans après lui, le même prix de reconnaissance. Je suis donc en train d’envisager fortement une carrière en Europe...
Je garde donc du Petit Séminaire un souvenir indélébile et un attachement de tout cœur. Mais avant de terminer, j’aimerais saluer le travail d’autres personnes de ma promotion qui œuvrent dans d’autres secteurs et qui sont le fruit direct du PSQ: je pense à Philippe Larochelle, jeune avocat fougueux qui a œuvré, entre autres, pour l’ONU sur un tribunal international en Afrique, à André Ristic, qui poursuit une brillante carrière de pianiste de musique contemporaine en Europe, à tous les médecins, ingénieurs et bâtisseurs de ma promotion. Parce qu’on a souvent le sentiment, en tant qu’artiste, d’être légèrement usurpateur. De ne construire rien de véritablement concret. Oui nous sommes les producteurs et les diffuseurs de notre culture, qui divertit, questionne, amène à réfléchir et choque à l’occasion. Mais on ne sauve pas des vies. On ne bâtit pas de cathédrales.
Merci infiniment.
Martin Laroche (Promotion 1992)
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Olivier Dufour, concepteur, promotion 1992 C'est à M. Olivier Dufour (promotion 1992), concepteur, qu'a été remis le 29 octobre 2009 le prix de reconnaissance de l'Amicale du Petit Séminaire dans la catégorie des moins de 40 ans, soulignant ses nombreuses réalisations artistiques, dont la conception du spectale «Le Chemin qui marche», présenté à la Baie de Beauport lors des fêtes du 400e de la ville de Québec. › En savoir plus...
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